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Liens aux célébrations :

Chemin de Croix: Chemin de paix (2010)
Commissariat de Terre Sainte Canada et Antennes de Paix à Montréal

Donne-nous la paix! (2011)
Célébration pénitentielle 2011 - Commissariat de Terre Sainte au Canada

Chemin de Croix: Chemin de foi (2012)
Disponible en format PDF seulement

Jérusalem, tous font en toi leur demeure (2013)
Célébration de prière pour la paix - Commissariat de la Terre Sainte

Veillez avec moi (2014)
Une heure d'adoration inspirée par Gethsémani

Paroles du Pape Francois (2014)
Célébration Œcuménique à l'occasion du 50e anniversaire de la rencontre à Jérusalem entre le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras

Homélie De Sa Sainteté (2014)
Le Patriarche Œcuménique Bartholomée


Plusieurs ressources sont offertes pour approfondir le sens des célébrations du Vendredi saint et éclairer notre solidarité. À l’occasion de 2015, on peut lire et méditer les discours du Pape François et du Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée, lors de la rencontre œcuménique du 25 mai 2014 au Saint Sépulcre.

Célébration Œcuménique à l'occasion du 50e anniversaire de la rencontre à Jérusalem entre le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras

Paroles du Pape Francois

Basilique du Saint-Sépulcre (Jérusalem)
Dimanche 25 mai 2014


Le Pape Francois VI

Sainteté,
chers frères Evêques,
chers frères et sœurs,

dans cette Basilique que chaque chrétien regarde avec profonde vénération, arrive à son point culminant le pèlerinage que j’accomplis avec mon frère bien-aimé en Christ, Sa Sainteté Bartholomée. Nous l’accomplissons sur les traces de nos vénérés prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras, qui, avec courage et docilité à l’Esprit Saint, ont donné lieu, il y a cinquante ans, dans la Cité sainte de Jérusalem, à la rencontre historique entre l’Évêque de Rome et le Patriarche de Constantinople. Je vous salue cordialement vous tous ici présents. En particulier, je remercie vivement, pour avoir rendu possible ce moment, Sa Béatitude Théophile, qui a voulu nous adresser d’aimables paroles de bienvenue, ainsi que Sa Béatitude Nourhan Manoogian et le Révérend Père Pierbattista Pizzaballa.

C’est une grâce extraordinaire d’être réunis ici en prière. Le Tombeau vide, ce sépulcre neuf situé dans un jardin, où Joseph d’Arimathie avait déposé avec dévotion le corps de Jésus, est le lieu d’où part l’annonce de la Résurrection : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : ‘‘Il est ressuscité d’entre les morts’’ » (Mt 28, 5-7). Cette annonce, confirmée par le témoignage de ceux à qui le Seigneur Ressuscité est apparu, est le cœur du message chrétien, transmis fidèlement de génération en génération, comme, depuis le début, l’atteste l’apôtre Paul : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures » (1 Cor 15, 3-4). C’est le fondement de la foi qui nous unit, foi grâce à laquelle, ensemble, nous professons que Jésus Christ, Fils unique du Père et notre unique Seigneur, « a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ; il est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts » (Symbole des Apôtres). Chacun de nous, chaque baptisé dans le Christ, est spirituellement ressuscité de ce tombeau, puisque dans le Baptême nous avons tous été réellement incorporés au Premier Né de toute la création, ensevelis ensemble avec Lui, pour être avec Lui ressuscités et pouvoir marcher dans une vie nouvelle (cf. Rm 6, 4).

Accueillons la grâce spéciale de ce moment. Tenons-nous près du tombeau vide dans un recueillement respectueux, pour redécouvrir la grandeur de notre vocation chrétienne : nous sommes des hommes et des femmes de résurrection, non de mort. Apprenons, de ce lieu, à vivre notre vie, les souffrances de nos Églises et du monde entier à la lumière du matin de Pâques. Chaque blessure, chaque souffrance, chaque douleur, a été chargée sur ses propres épaules par le Bon Pasteur, qui s’est offert lui-même et qui, par son sacrifice, nous a ouvert le passage vers la vie éternelle. Ses plaies ouvertes sont comme le chemin par lequel se déverse sur le monde le torrent de sa miséricorde. Ne nous laissons pas voler le fondement de notre espérance, qui est ceci : Christòs anesti ! Ne privons pas le monde de la joyeuse annonce de la Résurrection ! Et ne soyons pas sourds au puissant appel à l’unité qui résonne précisément de ce lieu, à travers les paroles de Celui qui, en tant que Ressuscité, nous appelle tous ‘‘mes frères’’ (cf. Mt 28, 10 ; Jn 20, 17).

Certes, nous ne pouvons nier les divisions qui existent encore entre nous, disciples de Jésus : ce lieu sacré nous en fait ressentir le drame avec une souffrance plus grande. Et pourtant, à cinquante ans de l’accolade de ces deux vénérables Pères, nous reconnaissons avec gratitude et un étonnement renouvelé comment il a été possible, par l’impulsion de l’Esprit Saint, d’accomplir des pas vraiment importants vers l’unité. Nous sommes conscients qu’il reste encore du chemin à parcourir pour aboutir à cette plénitude de communion qui puisse s’exprimer aussi dans le partage de la même Table eucharistique, que nous désirons ardemment ; mais les divergences ne doivent pas nous effrayer, et paralyser notre chemin. Nous devons croire que, comme la pierre du sépulcre a été renversée, de la même façon, pourront être levés tous les obstacles qui empêchent encore la pleine communion entre nous. Ce sera une grâce de la résurrection, que nous pouvons dès aujourd’hui savourer à l’avance. Chaque fois que nous demandons pardon les uns aux autres, pour les péchés commis contre d’autres chrétiens et chaque fois que nous avons le courage de concéder et de recevoir ce pardon, nous faisons l’expérience de la résurrection ! Chaque fois que, ayant dépassé les anciens préjugés, nous avons le courage de promouvoir de nouvelles relations fraternelles, nous confessons que le Christ est vraiment ressuscité ! Chaque fois que nous pensons l’avenir de l’Église à partir de sa vocation à l’unité, brille la lumière du matin de Pâques ! A ce propos, je désire renouveler le vœu déjà exprimé par mes prédécesseurs, de maintenir un dialogue avec tous les frères en Christ pour trouver une forme d’exercice du ministère propre de l’Évêque de Rome qui, en conformité avec sa mission, s’ouvre à une situation nouvelle et puisse être, dans le contexte actuel, un service d’amour et de communion reconnu par tous (cf. JEAN-PAUL II, Enc. Ut unum sint, 95-96).

Tandis que nous nous trouvons comme des pèlerins en ces saints Lieux, notre souvenir priant va à toute la région du Moyen Orient, malheureusement si souvent marquée par des violences et des conflits. Et nous n’oublions pas, dans nos prières, tant d’autres hommes et femmes qui, en diverses parties de la planète, souffrent à cause de la guerre, de la pauvreté, de la faim ; comme les nombreux chrétiens persécutés pour leur foi dans le Seigneur Ressuscité. Quand des chrétiens de diverses confessions se trouvent à souffrir ensemble, les uns à côté des autres, et à s’entraider les uns les autres avec une charité fraternelle, se réalise un œcuménisme de la souffrance, se réalise l’œcuménisme du sang, qui possède une particulière efficacité non seulement pour les contextes dans lesquels il a lieu, mais aussi, en vertu de la communion des saints, pour toute l’Église. Ceux qui par haine de la foi tuent, persécutent les chrétiens, ne leur demandent pas s’ils sont orthodoxes ou s’ils sont catholiques : ils sont chrétiens. Le sang chrétien est le même.

Sainteté, Frère bien-aimé, vous tous très chers frères, mettons de côté les hésitations que nous avons héritées du passé et ouvrons notre cœur à l’action de l’Esprit Saint, l’Esprit d’Amour (cf. Rm 5, 5), pour cheminer ensemble, d’un pas allègre, vers le jour béni de notre pleine communion retrouvée. Sur ce chemin, nous nous sentons soutenus par la prière que Jésus lui-même, en cette Ville, la veille de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, a élevée vers son Père pour ses disciples, et que nous ne nous lassons pas de faire nôtre avec humilité : « Qu’ils soient un… pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Et quand la désunion nous rend pessimistes, peu courageux, méfiants, allons tous sous le manteau de la Sainte Mère de Dieu. Quand dans l’âme chrétienne il y a des turbulences spirituelles, c’est seulement sous le manteau de la Sainte Mère de Dieu que nous trouvons la paix. Qu’elle nous aide sur ce chemin.

Homélie De Sa Sainteté le Patriarche Œcuménique Bartholomée

(Saint-Sépulcre, 25 mai 2014)

« Soyez sans crainte, vous. Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit ; venez voir l'endroit où il gisait » (Mt 28, 5-6)


Patriarche Œcuménique Bartholomée

Sainteté et cher frère bien-aimé en Christ, Béatitude, Patriarche de la Cité sainte de Jérusalem, frère bien-aimé et concélébrant dans le Seigneur, Éminences, Excellences, Très révérends représentants des Églises et confessions chrétiennes, Frères et sœurs estimés,

C'est avec révérence, émotion et respect que nous nous tenons devant « l'endroit où le Seigneur fut allongé », le tombeau vivifiant duquel la vie a jailli. Et nous glorifions le Dieu très miséricordieux qui nous a rendus, nous ses serviteurs indignes, dignes de sa bénédiction suprême, d'être des pèlerins à l'endroit même où le mystère du salut du monde est advenu. « Que ce lieu est redoutable ! Il n'est autre que la maison de Dieu, c'est la porte du ciel. » (Gn 28,17)

Nous sommes venus comme les femmes myrrhophores, le premier jour de la semaine, « voir le sépulcre » (Mt 28,1), et nous aussi, comme elles, entendons l'exhortation de l'ange : « Soyez sans crainte. » Faites disparaître de vos cœurs toute peur, n'hésitez pas, ne désespérez pas. Ce tombeau rayonne d'un message de courage, d'espérance et de vie.

Le premier et le plus grand message de ce sépulcre vide est que la mort, notre « dernier ennemi » (cf. 1 Co 15,26), la source de toute peur et de toute passion, a été conquise. Elle n'a plus le dernier mot dans notre vie. Elle a été vaincue par l'amour, par celui, qui a volontairement accepté d'endurer la mort pour le bien des autres. Chaque mort pour autrui est transformée en vie, en vraie vie. « Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie. »

Ne craignez plus la mort, et ne craignez pas non plus le mal, quelle que soit la forme qu'il prenne dans votre vie. La croix du Christ a attiré sur elle toutes les flèches du mal : haine, violence, injustice, souffrance, humiliation – tout ce que les pauvres, les vulnérables, les opprimés, les exploités, les marginalisés et le déshonorés de notre monde ont souffert. Rassurez-vous, cependant – vous tous qui êtes crucifiés en cette vie — à l'image du Christ, la résurrection suit la croix. La haine, la violence et l'injustice sont sans futur, ce dernier appartenant à la justice, à l'amour et à la vie. Par conséquent, vous devez œuvrer à cette fin à partir de toutes les ressources que vous trouverez dans l'amour, la foi et la patience.

Néanmoins, il existe un autre message qui émane de ce vénérable tombeau, devant lequel nous nous tenons en ce moment. Ce message déclare que l'histoire ne peut pas être programmée, que le dernier mot dans l'histoire n'appartient pas à l'homme, mais à Dieu. En vain, les gardes du pouvoir séculier se sont tenus devant le tombeau. En vain, ont-ils placé une large pierre à l'entrée du tombeau afin que personne ne puisse la déplacer. Vaines sont les stratégies à long terme du monde des puissants – tout est finalement subordonné au jugement et à la volonté de Dieu. Tous les efforts de l'humanité contemporaine à façonner son futur individuellement et sans Dieu constituent une gloire vaine.

Enfin, ce saint tombeau nous invite à rejeter une autre forme de peur qui est sans doute la plus répandue à notre époque moderne : à savoir, la peur de l'autre, la peur de la différence, la peur du croyant d'une autre religion ou d'une autre confession. Toutes les formes de discrimination, qu'elles soient raciales ou autres, se sont répandues à l'intérieur de nombre de nos sociétés contemporaines. Le pire réside dans le fait que ces formes de discrimination s'insinuent fréquemment jusque dans la vie spirituelle des personnes. Le fanatisme religieux menace déjà la paix dans de nombreuses régions du globe, où le don même de la vie est sacrifié sur l'autel de la haine religieuse. Face à de telles conditions, le message du tombeau vivifiant est urgent et clair : aimer l'autre et sa différence, aimer les croyants d'autres religions et d'autres confessions. Aimez-les comme des frères et sœurs. La haine mène à la mort, tandis que l'amour « jette dehors la crainte » (1 Jn 4,18) et mène à la vie.

Chers amis,

Il y a cinquante ans, deux grands primats de l'Eglise, les feus pape Paul VI et patriarche œcuménique Athénagoras ont jeté dehors notre crainte, ils ont rejeté loin d'eux la crainte qui avait prévalu pendant un millénaire, une crainte qui avait tenu à distance les deux anciennes Églises, d'Occident et d'Orient, parfois même les opposant l'une à l'autre. Au lieu de cela, comme ils se tenaient devant ce lieu saint, ils ont changé la crainte en amour. Et nous voici donc avec Sa Sainteté le pape François, comme leurs successeurs, suivant leurs pas et honorant leur initiative héroïque. Nous avons échangé un baiser d'amour, même si nous continuons sur le chemin vers la pleine communion l'un avec l'autre en amour et en vérité (Ep 4,15) afin que « le monde croie » (Jn17,21) qu'aucun autre chemin ne mène à la vie à l'exception de la voie de l'amour, de la réconciliation, de la paix véritable et de la fidélité à la vérité.

C'est le chemin que tous les chrétiens sont appelés à suivre dans leur relation entre eux – quelle que soit l'église ou la confession à laquelle ils appartiennent – apportant ainsi un exemple pour le reste du monde. Le chemin peut être long et difficile, il peut même paraître à certains comme une impasse. C'est le seul chemin, cependant, qui mène à l'accomplissement de la volonté du Seigneur que « [ses disciples] soient un. » (Jn 17,21) C'est la volonté divine qui a ouvert le chemin parcouru par le maître de notre foi, notre Seigneur Jésus-Christ, qui a été crucifié et est ressuscité en ce saint lieu. À lui la gloire et la force, avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

« Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu. » (1 Jn 4,7)

Pèlerinage

À chaque année des millions de chrétiens partent pour la Terre Sainte afin de marcher sur les pas de Jésus, de mieux comprendre la Parole de Dieu et l’Écriture Sainte, d’acquérir une expérience œcuménique voire interreligieuse  et de devenir évangélisateurs. 

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