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L’absence de pèlerinages c’est aussi l’absence de revenus pour les chrétiens

« Les pèlerinages ne reprendront pas de manière régulière avant Noël » annonce le frère Stéphane Milovitch, vice-économe franciscain de la custodie de Terre Sainte. Les pèlerinages et leur économie sont déterminants pour la plupart des institutions chrétiennes de Terre Sainte, à défaut, la quête du Vendredi saint, reportée exceptionnellement aux samedi 12 et dimanche 13 septembre, sera essentielle.

Par Émilie Rey, Commissariat de Terre Sainte

« Les sanctuaires sont des lieux gratuits, à l ’image du Christ qui s’est donné pour le Salut de tous. Nous vivons de la charité et de la générosité des pèlerins notamment des quêtes et des intentions de messe. Si jusqu’à présent nos communautés ont pris sur leurs réserves pour assumer les dépenses courantes, la situation risque de devenir critique, » affirme le frère Stéphane Milovitch vice-économe et en charge des Ressources humaines de la custodie de Terre Sainte.

De par son histoire et sa stabilité dans le pays, la custodie a toujours été un pourvoyeur d’emplois pour les chrétiens locaux. «Actuellement, en Terre Sainte mais aussi au Liban, en Jordanie, en Syrie, à Chypre ou encore en Argentine, nous employons un peu plus de 1100 personnes, majoritairement dans les écoles, les Casa Nova (foyers pour pèlerins) et les sanctuaires.» Si du côté israélien, l’État a pu mettre en place un chômage technique, ce n’est pas le cas de son voisin palestinien. « Nous avons alors décidé de verser 50 % de leurs salaires à nos employés vivant dans les Territoires. On ne pouvait pas les abandonner du jour au lendemain. Je ne sais pas combien de temps nous pourrons continuer à ce rythme. Chaque jour, plusieurs employés poussent ma porte, des gens simples qui sans salaire vont sombrer dans la précarité. Nous essayons autant que possible de relocaliser leur emploi ou de le maintenir avec une réduction du temps de travail. »

Selon les estimations de la Banque mondiale, le nombre de foyers pauvres dans les Territoires palestiniens devrait bondir de 15 à 30 % d’ici la fin de l’année. Alors du côté des paroisses catholiques, on se retrousse les manches: distribution de colis alimentaires, aide pour le financement des études ou le paiement des loyers… et une initiative pionnière : faire appel à la générosité des congrégations présentes en Terre Sainte.

Le frère Amjad Sabara ofm curé de la paroisse de Jérusalem, en est l’initiateur. « Nous avons rapidement mis sur pied un comité d’urgence puis sollicité les religieux et religieuses pour qu’ils soutiennent, à hauteur de 75€ par mois, une caisse de charité. » Les congrégations ont répondu positivement même si certaines font aussi face à de vraies difficultés. Mais sa plus grande surprise est venue des familles chrétiennes elles-mêmes. « Une centaine d’entre elles se sont manifestées, certes il s’agit de petits dons mais ils permettent de réaffirmer une solidarité paroissiale et c’est pour moi essentiel. » S’il veut rester ferme dans l’espérance, le curé de Jérusalem ne cache pas son inquiétude quant à l’absence de quête du Vendredi saint.

« Cette année, il n’y a eu aucune liturgie dans le monde le Vendredi saint, donc pas de quête en faveur de la Terre Sainte » souligne le frère Stéphane. C’est pourtant grâce à cette quête impérée que fonctionnent de nombreuses écoles, universités, maisons de retraite, paroisses, séminaires, centres d’assistance sociale et dispensaires… Autant de lieux essentiels que la population locale ne pourra maintenir seule. « Faut-il pour autant cesser ces activités, au prétexte qu’elles ne sont pas rentables? interroge-t-il un brin provocateur. C’est une chose de vivre le présent et de prendre des mesures d’urgence, c’en est une autre de penser l’avenir et la stabilité de la présence chrétienne sur cette terre. »

Heureusement le pape n’a pas tardé à faire connaître sa décision: la quête impérée pour la Terre Sainte (Collecte « pro Terra Sancta ») a été reportée au samedi 12 ou dimanche 13 septembre, veille de l’exaltation de la Sainte- Croix. Une nouvelle qui a soulagé le frère Roger Marchal, commissaire de Terre Sainte à Paris. « Cette quête est une opportunité de vivre une vraie « communion, » cette « vision d’ensemble » dont nous parle si souvent le pape François dans ses homélies. Réaliser que notre avenir est « commun, » entrer dans un élan de réciprocité, nous reconnaître chrétiens ensemble. Osons le dire : « nous avons besoin des chrétiens en Terre Sainte autant qu’ils ont besoin de nous! Depuis des mois, ce sont eux qui prient pour nos intentions sur le lieu-même de la Résurrection, ils sont le poumon de cette terre. Alors même par un petit don, j’invite tous les fidèles à soutenir la présence chrétienne en Terre Sainte le dimanche 13 septembre prochain. »

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