Lieux Saints: Portes de Miséricorde

À l’occasion du Carême 2016 et de l’Année de la Miséricorde, le Commissariat offre aux catholiques canadiens et d’ailleurs trois (3) méditations et louanges. Elles établissent un lien entre une situation et un événement de miséricorde vécus dans un lieu vénéré par la tradition chrétienne comme un lieu saint. Ces méditations et louanges sont proposées dans une démarche orante rappelant des événements clefs de la bonté de Dieu. L’histoire et la géographie de ces événements de miséricorde constituent une entrée à travers les Portes saintes des principales Basiliques de la Terre sainte : l’Annonciation à Nazareth, la Nativité à Bethléem et la Résurrection à Jérusalem.

Structure de la méditation et de la louange

Chaque méditation et louange raconte un événement évangélique de miséricorde. Le déroulement est le suivant :

  • Un événement et des personnes visitées par la miséricorde (texte de l’Écriture suggéré en tout ou en parties)…
  • Une méditation qui met en relief la miséricorde de Dieu et l’applique à nous aujourd’hui…
  • Une prière adaptée à l’événement…
  • Un chant et une bénédiction…

Le tout ou une partie peuvent être utilisés pour la prière personnelle ou communautaire, pour une animation pastorale lors d’une visite à une Porte de Miséricorde, pour un schéma de retraite, pour le 24 heures de prière* suggéré par le Pape François. Le Commissariat remercie les personnes et les groupes qui ont participé à la création de ces parcours de prière.


Gilles Bourdeau, OFM
Commissaire de Terre Sainte au Canada

 

* L’initiative appelée « 24 heures pour le Seigneur » du vendredi et samedi qui précèdent le IVème dimanche de Carême doit monter en puissance dans les diocèses. Tant de personnes qui se sont de nouveau approchées du sacrement de Réconciliation, et parmi elles de nombreux jeunes, qui retrouvent ainsi le chemin pour revenir au Seigneur, pour vivre un moment de prière intense, et redécouvrir le sens de leur vie. Avec conviction, remettons au centre le sacrement de la Réconciliation, puisqu’il donne à toucher de nos mains la grandeur de la miséricorde. Pour chaque pénitent, ce sera une source véritable de paix intérieure. (Pape François, Misericordiae vultus, no 17, paragraphe 3… “24 Hours for the Lord”)…

 

Suggestions de Chants

Les psaumes et les chants suggérés ont tous un lien avec une Basilique en Terre sainte et l’événement de miséricorde qu’elle évoque. Les références sont indiquées à partir de l’Édition canadienne D’une même voix, Chants notés, Éditions de la CECC/Novalis 2003. Chaque chant est cité avec son numéro dans cette publication et le numéro de sa fiche dans les répertoires courants.

Basilique de L'Annonciation à Nazareth
Psaume 39, versets 4-12, page 65
Apprends-nous, Marie, 616 (V 219)
Vierge Sainte, Dieu t’a choisie, 632 (V 136)
Ô Vierge de l’écoute, 638
Toi, notre Dame, 639 (V 153)
Tu es toute belle, 640
Salve Regina, 615

Basilique de la Nativité à Bethléem
Psaume 95 (96), p. 115 et/ou psaume 97(98) p. 119
Psaume 99(100), p. 122
Gloire à Dieu au plus haut des cieux, 197 (AL 23-09) et/ou Gloire à Dieu, paix aux hommes, 389
Tout le ciel s’emplit, 404 (F 58)
Christ, Roi du monde, 539 (M 35)
Peuple de frères, 576 (T 122)
Magnificat, 636
Aujourd’hui, dans notre monde, 801 (F 47)

Basilique du Saint-Sépulcre et de la Résurrection à Jérusalem
Psaume 22(23), p. 40, et/ou Tu es mon berger, 356 (D 6)
Psaume 50 (51), p. 75
Psaume 102(103), Hymne à la miséricorde, p. 125-126
Baptisés dans la mort du Seigneur, 216
Christ, le Fils du Père, 413 (G 50)
Changez vos cœurs ,415 (G 162)
Peuple de l’Alliance, 425 (G 244)
Fais paraître ton jour, 552 (Litanie Y 53)
Depuis qu’il est venu, 433
Chrétiens, chantons, 485 (I 36)
Le Seigneur est ressuscité, 491 (I 13)

Bénédiction: À chaque fois que nous suggérons une bénédiction on peut s’inspirer de la suivante…
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Amen
Qu’il vous montre sa face et vous fasse miséricorde. Amen
Qu’il tourne vers vous son visage et vous donne la paix. Amen
Que le Seigneur vous bénisse, au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit. Amen

Marie, porte d’entrée qui donne chair à la Miséricorde Halte à la basilique de l’Annonciation à Nazareth

Aujourd'hui, des peuples sont en attente de salut. Dans un monde perturbé par la guerre, regardons les réfugiés qui cheminent vers des lieux plus hospitaliers, des couples qui attendent un enfant, des jeunes qui désirent un avenir meilleur. Nous sommes conviés à la compassion et à l'engagement, à vivre concrètement le Jubilé de la Miséricorde.

 

Chant d’ouverture

 

  1. Accueillir la Parole : Marie à Nazareth (Luc 1, 26-38)

Marie est l’une des grandes figures d’Israël, qui, à la suite d’Abraham, de Moïse, de David et des prophètes, a désiré et attendu la réalisation des promesses de Dieu faites à son peuple.

L’Annonciation à Marie, dans l’humble maison de Nazareth, vient répondre à l’attente et à l’espérance de tout un peuple depuis des millénaires.

Annonce de la naissance de Jésus selon Luc 1,26-38

  1. Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
  2. à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph; et le nom de la jeune fille était Marie.
  3. L'ange entra chez elle et dit: «Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »
  4. À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
  5. L'ange lui dit alors: «Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
  6. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus.
  7. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père.
  8. Il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin.»
  9. Marie dit à l'ange: «Comment cela se va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme?»
  10. L'ange lui répondit: «L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; C'est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.
  11. Or voici que dans sa vieillesse Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile.
  12. Car rien n'est impossible à Dieu.»
  13. Marie dit alors : «Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole.» Alors l'ange la quitta.

 

Pause musicale ou chant

 

  1. Méditer la Parole de miséricorde

Au cours du Jubilé de la Miséricorde, le Pape François nous invite à découvrir en Marie un lieu privilégié de la miséricorde divine.

« Que notre pensée se porte vers la Mère de la Miséricorde. Que la douceur de son regard nous accompagne en cette Année Sainte, afin que tous puissent redécouvrir la joie de la tendresse de Dieu. Personne n’a connu comme Marie la profondeur du mystère de Dieu fait homme. Sa vie entière fut modelée par la présence de la miséricorde faite chair. » (MV, no 24)

Joie et tendresse, voilà le premier visage de la miséricorde qui se révèle à Marie de Nazareth.

Joie d’accueillir un messager de bonne nouvelle. La visite de Gabriel fait entrer Marie dans le grand mouvement des visites que Dieu a multipliées au cours des siècles, pour révéler qu’il a les entrailles d’une mère qui n’abandonne jamais son enfant. « La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre » (MV, no 2).

Joie d’une attente comblée : toute jeune fille espère un jour devenir mère. Le désir, les grands désirs sont, dans la vie spirituelle, les portes d’entrée du Souffle de l’Esprit. La grâce travaille nos désirs comme un potier forme soigneusement le vase avant de le soumettre au feu. La liturgie le reconnaît dans un hymne (matin du 26 juillet, Joachim et Anne):

Dieu s’approchait comme le fruit d’un long désir,
Comme le sceau d’une alliance dont il était l’avenir.
Il répondait à l’espérance d’un peuple en marche vers lui.

Le Dieu miséricordieux ne peut plus souffrir aucune attente. Il court au-devant des enfants qu’il a arrachés à la servitude du Pharaon, aux dangers de l’idolâtrie et à la perte d’identité. Il pousse à l’extrême la puissance de son amour : pour vaincre toute résistance, il annonce la venue d’un enfant. Dieu le Très-haut pétri de miséricorde prévenante, se fait le Très-bas qui attend le consentement de Marie. Il est un Dieu qui n’impose jamais son amour ni les largesses de sa miséricorde.

Jusqu’où ira ce Dieu qui déverse à flots sur l’humanité les eaux de la miséricorde? C’est le même Dieu qui a manifesté sa colère contre les méchants, mais qui peut dire par la voix du prophète Isaïe (54, 7c) : « dans mon amour éternel j’ai pitié de toi ». Il ne met aucune limite à son amour.

C’est un amour tellement fidèle qu’il résiste à toutes les formes de destruction. « Car les montagnes peuvent s’en aller et les collines s’ébranler, mais mon amour pour toi ne s’en ira pas et mon alliance de paix avec toi ne sera pas ébranlée, a déclaré Yahvé qui a pitié de toi » (Is 54, 10).

Le don de la miséricorde est ici fécondité.

Le messager en visite chez Marie n’arrive pas les mains vides. Il offre l’assurance d’une fécondité incommensurable. Il donne immédiatement un autre signe de fécondité de la Parole: la cousine Élisabeth, stérile et âgée, est enceinte elle aussi. Marie peut chanter « Crie de joie, stérile, toi qui n’enfantais pas » (Isaïe 54, 1). Dans cette deuxième annonce, Marie reconnaît que son Dieu élève les humbles en exauçant leurs demandes. En agissant ainsi, Dieu se révèle « capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir » (Eph 3, 20). Lorsque l’ange déclare : Béni soit le fruit de tes entrailles, il évoque tous les bienfaits et bénédictions divines que cet enfant apportera au monde.

« Comment cela va-t-il se faire? »

La question de Marie est chargée de toutes nos questions sur le devenir du monde… Une histoire faite d’espérance et de doute, une aventure humaine qui se déroule entre sagesse et folie, avancées et reculs d’humanisation. Portée par de grandes aspirations et une foi vive, Marie ne s’évade pas de la réalité : comment faire face à une manière inédite d’enfanter?

« L’Esprit viendra, te couvrira de son ombre ». La promesse de l’ange lui apporte une certitude intérieure qui rend possible le consentement. Marie aura toute une vie pour murmurer en son cœur ces paroles qui lui furent dites dans le secret, pour une mission de longue durée. Elle va méditer longuement de quoi est fait ce regard bienveillant de Dieu sur elle-même et sur son peuple.

Nous partageons souvent les mêmes perplexités que Marie quand nous nous interrogeons sur notre avenir personnel et collectif.

En ces temps de grands bouleversements écologiques et sociaux, des millions de personnes sont forcées de quitter maison et famille, et même de chercher hors frontière un lieu d’asile. Ces familles vivent très concrètement l’expérience de l’attente, parfois pendant des mois et des années ; elles connaissent l’incertitude, l’angoisse mais elles gardent espoir en un meilleur avenir possible. Les demandeurs d’asile sont les icônes de la grande marche des peuples vers la liberté.

Quand des étrangers se présentent chez nous, pouvons-nous les reconnaître comme des messagers qui nous lancent un appel? Si nous choisissons d’ouvrir nos portes et nos cœurs à l’étranger, individuellement ou comme communauté, nous participons à la miséricorde divine qui a rempli de joie la maison de Marie à Nazareth. Nous connaîtrons la joie de la rencontre et de la solidarité qui fait sortir de la « mondialisation de l’indifférence » (Pape François).

Tout comme l’humble maison de Marie à Nazareth, nos foyers sont des lieux où cultiver l’espérance en s’appuyant à la promesse que Dieu a faite. « Sa vie entière fut modelée par la présence de la miséricorde faite chair » (MV, no 24).

Ne sous-estimons pas la valeur des liens familiaux vécus en toute simplicité. La patience des parents est souvent mise à rude épreuve. Accompagner des jeunes au quotidien vers la maturité présente des défis de toutes sortes. La tendresse qui unit petits et grands ne peut faire l’économie de la miséricorde et du pardon, tant les apprentissages de la vie supposent d’avancer par essais et erreurs. Le visage du Père miséricordieux peut ramener les fils vers leur père et rétablir la joie dans la maison.

Un autre grand appel retentit désormais pour que tous les citoyens du monde collaborent à la sauvegarde de la maison commune. En effet monte de tous les continents, et surtout des régions les plus pauvres, un signal de détresse à la vue de tous les dommages causés par la pollution, l’excès de consommation, les pratiques industrielles irresponsables.

Puisque « la création tout entière gémit dans l’attente d’être libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu  » (Rom 8, 21), il nous appartient d’écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres (Laudato Si’, no 49).

On reconnaît qu’un appel vient de l’Esprit lorsqu’il est entendu en plusieurs endroits du monde en même temps. Comme Marie portait l’attente de son peuple, entrons dans ce mouvement global de conversion que le Pape François propose à tous les gens de bonne volonté et en particulier aux disciples du Christ. Nous avons l’opportunité de retrouver le sens de l’appartenance à l’humanité entière, incluant les générations futures. Il ne s’agit pas seulement de poser des gestes individuels. « La conversion requise pour créer un dynamisme de changement durable est aussi une conversion communautaire » (Laudato Si’, no 219).

Marie se rendit en hâte chez sa cousine pour lui donner assistance et partager son bonheur. L’annonce reçue devient parole de consolation et de louange pour les merveilles que Dieu a accomplies d’âge en âge en faveur de celles et ceux qui entrent dans sa volonté de salut.

Monition

En prenant place spirituellement dans la Basilique de l’Annonciation, laissons le Seigneur poser sur nous son regard bienveillant pour mieux goûter l’expérience de Marie faite de joie, de fécondité et d’espérance.

 

Pause silencieuse et/ou soutien musical

 

  1. Prier le Dieu de miséricorde avec Marie

Marie occupe une place spéciale dans l’Église parce que le Seigneur a fait en elle de grandes choses. En lui adressant nos salutations et nos prières, nous lui demandons d’intercéder pour nous auprès du Dieu de l’impossible.

(Chaque intercession peut être lue par trois voix)

R/ Vierge Marie, avec toi l'espérance renaît

  • Tu es belle, ô Marie, tu es le reflet du Cœur de Dieu!
  • Sois louée d'être la demeure du Verbe incarné, la Femme pleine de grâce.
  • Apprends-nous à laisser transparaître notre joie de croire au Dieu plein d'amour, toujours à l'œuvre dans l'histoire de l'humanité. R/
  • Tu es belle, ô Marie, tu es l'humble servante du projet de Dieu!
  • Sois louée d'être l'amie des humbles et des petits, la femme qui se souvient du Dieu de miséricorde.
  • Apprends-nous à partager ce que nous avons en toute gratuité, dans la charité et l'accueil inconditionnel des personnes. R/
  • Tu es belle, ô Marie, tu es la joie et l'honneur de l'Église!
  • Sois louée d'être femme d'intériorité, de foi de communion au milieu des disciples appelés à l'audace des commencements, à la confiance des lendemains.
  • Apprends-nous à dépasser nos peurs, nos hésitations, nos refus, par une écoute attentive de l'Esprit et de la Parole et un engagement solidaire. R/
  • Tu es belle, ô Marie, tu es toute bénie de Dieu, mère de miséricorde!
  • Sois louée d'être pour nous et pour toutes les générations à venir, un signe grandiose d'espérance et de paix.
  • Apprends-nous à guérir les blessures des divisions et des conflits, à rejeter violence et discrimination, à bâtir la paix . R/

 

Prière de conclusion

Père saint, daigne exaucer les demandes que Marie, mère de Miséricorde, te présente en notre nom. 

«Envoie ton Esprit, et consacre-nous tous de son onction pour que le Jubilé de la Miséricorde soit une année de grâce du Seigneur, et qu’avec un enthousiasme renouvelé, ton Église annonce aux pauvres la bonne nouvelle, aux prisonniers et aux opprimés la liberté, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue. Nous te le demandons par Marie, Mère de la Miséricorde, à toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.» Amen

(Extrait  de la prière du Jubilé de la miséricorde, pape François)

  1. Chanter et bénir le Dieu miséricordieux

Chant : Salve Regina ou un autre chant à la Vierge Marie

Bénédiction

Attente et Espérance Messaniques: La Naissance de Jésus à Bethléem Halte à la Basilique de le Nativité

Nous faisons halte à Bethléem. Ici, Dieu n’est pas venu pour proclamer sa Parole seulement à travers un prophète comme Jean le Baptiste. Cette fois Dieu vient Lui-même dans le Fils. Bethléem devient le modèle de toute nativité et une lumière pour tout renouveau de vie.

  1. Accueillir la Parole de Dieu à Bethléem (Luc 2, 1-10)
  1. En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre-
  2. ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
  3. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
  4. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
  5. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
  6. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
  7. Et elle mit au monde son fils premier-né; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
  8. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
  9. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
  10. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple…. »

 

Chant : Gloire à Dieu…

 

  1. Méditer la Parole de Miséricorde

Nous sommes à Bethléem, ce qui signifie littéralement la  Maison du pain. C’est la ville natale de Jésus. Pour qui vient ici en soirée ou durant la nuit, s’allument les lumières des maisons, si typiques du lieu. On découvre par enchantement combien le ciel semble soutenir un manteau d’étoiles. Tout cela fait de cette petite ville en tout temps de l’année une Crèche: c’est la crèche, la vraie. Ici, à Bethléem, cette porte est toujours ouverte! L’édification de la grande Basilique de la Nativité raconte silencieusement que les chrétiens furent toujours reconnaissants de la visite de la Miséricorde du Seigneur.

Depuis l’esplanade, au centre, nous voyons une petite porte. Elle force qui veut entrer à s’incliner, signe éloquent qui indique qu’il faut se faire petit pour entrer dans le mystère de Dieu, Lui qui s’est fait petit. La couleur de la porte est « rose » pour souligner qu’Il s’est fait chair. Le Roi tant attendu ici, est né à quelques mètres: quel mystérieux dessein de la Miséricorde! Sait-on combien de chrétiens ont franchi cette porte? Maintenant, même nous, les yeux ouverts ou fermés, nous ne savons pas, nous la franchissons spirituellement, et peu à peu.

Laissons-nous prendre par la main par cette Promesse ancienne qui nous rejoint comme Nouveauté. Ils l’ont appelé Bonne Nouvelle. C’est la miséricorde qui ici, dans une Parole vraie, s’est faite concrète, visible et sensible!

Faisons quelques pas et entrons dans cette grande Basilique connue comme l’Église de la Nativité…Ici la Miséricorde a commencé à manifester toute sa splendeur divine. Partout les anges indiquent la Porte où l’attente s’est accomplie, là s’est réalisé la prophétie chantée et annoncée depuis des siècles à travers les messagers du Seigneur. La voilà ici devant nos yeux. Les astres l’ont reconnue et se sont unis à partir d’une distance inimaginable pour fêter et se réjouir dans une danse de lumière, comme pour dire : l’attendu est ici et nous en sommes la couronne.

Il y a aussi des bergers qui ont entendu le cantique des anges. Ils sont venus, eux aussi, ici par une autre porte ou il n’y en avait pas parce que c’était une grotte. Ils sont entrés dans le mystère de la voix angélique et de ses paroles : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple… » Une porte étrange, unique! Pourtant ils sont « entrés » par elle! Ils ne l’attendaient probablement pas et leur espérance était demeurée « petite », comme nous quand, tout petits, nous vivions dans le monde des rêves impossibles.

Et Marie et Joseph! Le mystère en eux se fait encore plus grand, ce qui veut dire « petit ».Forcément, ils n’ont vu aucun astre qui les accompagnait, aucun événement sensationnel, sinon le vagissement du Petit enfant Jésus. Je vois les visages émus de Marie et de Joseph, leurs yeux lucides parlent : « la Promesse est accomplie, elle s’est réalisée… »

Nous prenons sûrement pour acquis qu’une telle promesse ancienne fut attendue…certainement. Mais si nous scrutons l’histoire de cette Terre, nous découvrons que depuis le dernier prophète, Malachie, Dieu n’avait plus parlé…Un silence terrible avait recouvert l’histoire du peuple aimé du Seigneur, annoncé bien avant par le prophète Osée (Chapitre 8) et ensuite par Malachie. Il s’agit presque d’une conséquence de l’indisponibilité et de l’orgueil de prétendre de ne pas avoir besoin du regard paternel et miséricordieux du Seigneur. Nous devons prendre la mesure de la longueur de cette période: plus de 500 ans ont passé.

À tracer un pont de lumière et d’espérance du retour de Dieu fut son propre messager : l’Ange Gabriel. Il fut envoyé au prêtre Zacharie pour annoncer que ce long silence était terminé et que Dieu allait proclamer encore sa Parole à travers Jean-Baptiste, le nouvel Élie. Mais, cette fois, tout sera différent, ce ne sera plus comme dans le passé, c’est maintenant le temps de l’accomplissement de l’Antique promesse, du projet de Dieu sur l’humanité entière. Lui n’est pas revenu pour proclamer sa Parole seulement à travers un nouveau prophète comme Jean Baptiste.

Cette fois Dieu vient Lui-même dans le Fils. Sa parole s’est incarnée dans ce dessein d’amour gratuit, tendre et humble. Au-delà de nos capacités pour lui répondre, le Seigneur nous a ouvert sa Porte pour nous accueillir, nous prendre par la main avec un amour tendre et nous ramener à la maison. Dans sa miséricorde Il a vu que seuls nous ne pourrions pas nous rendre à Lui. Il est venu, Lui, vers nous, nous donnant ce qu’il a de plus précieux : Lui-même, le Berger, le Messie, Il « porte sur son sein les agnelets, il procure de la fraîcheur aux brebis qui allaitent » dans les jardins de l’Éden (Isaïe 40, 11).

Allons à la rencontre de la Miséricorde, entrons par cette porte parfumée…Ce n’est pas une question de mérite. C’est simplement la Miséricorde Dieu qui est entrée dans notre humanité. La Lumière chaude de l’amour de Celui qui nous a créés s’ouvre à nous. La nuit est profonde. Le ciel magnifique. La lune est presque pleine, belle comme toujours, chargée de lumière blanche et de mystère, ancienne et luisante qui connaît les visages de chaque âge, chaque époque, et maintenant aussi le tien.

 

Pause musicale ou moment de silence

 

  1. Prier le Dieu de Miséricorde avec les Bergers

Célébrons le Christ annoncé par les anges et demandons son amour :

R. Jésus, sauveur, ton amour soit sur nous.

  • Seigneur, tu réjouis ton Église par le mystère de ta naissance; comble-la de tes bienfaits. R.
  • Roi des siècles, tu as éprouvé les limites de l’espace et du temps; fais de nous les hôtes de ton éternité. R.
  • Christ, espérance du monde, tu es apparu à la plénitude du temps : révèle ta présence à ceux qui ne te connaissent pas. R.

Notre Père...

Prions :

Seigneur, Père plein de miséricorde, nous te remercions de nous avoir donné ton grand amour. Tu sais comment nous sommes faits et notre besoin de toi. Tu es venu pour nous rendre participants de ta grande joie; tu nous as ouvert ta grâce et ton amour sans limites. Même quand trop souvent nous T’oublions, donne-nous de demeurer toujours avec Toi. Amen.

 

  1. Chanter et bénir le Dieu Miséricordieux

Magnificat ou un autre chant

Bénédiction

Porte du Sépulcre:Porte de la Vie Halte à la Basilique du Saint Sépulcre

L’expérience du tombeau vide devient vite pour la communauté primitive un point de non-retour. Anéantissement et fin d’une mission, ouverture et salut. À la porte de ce tombeau, plusieurs disciples commencent à « voir et à croire ».

  1. Accueillir la Parole de Dieu au Saint Sépulcre (Jean 20, 1-9)
  1. Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été roulée du tombeau.
  2. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
  3. Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.
  4. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
  5. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat; cependant il n’entre pas.
  6. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau; il aperçoit les linges, posés à plat,
  7. ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
  8. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
  9. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

 

Psaume de méditation

 

  1. Méditer la Parole de Miséricorde

À l’approche de la porte de la miséricorde, nous sommes invités à aller vers Lui qui pardonne et, ainsi, être transformés. Tout comme le disciple qui est entré, a vu et a cru, l'occasion nous est aussi donnée d’entrer, de voir et de croire.

Prenons un instant pour approfondir le sens de cette scène tirée du quatrième évangile. Imaginez que vous êtes cet apôtre qui a découvert le tombeau vide du Christ le jour suivant son inhumation. Vous avez suivi Jésus trois ans durant; vous avez été parmi ses premiers disciples. Vous avez été touché au plus profond de votre être par l’amitié avec le Christ pendant cette période. Vous avez été le témoin des miracles extraordinaires de Jésus, vous avez vu les foules grossir autour de sa personne. Vous vous êtes enthousiasmé pour un messie roi que vous souhaitiez voir accéder au trône.

Mais maintenant vous n’y comprenez plus rien et vous êtes atterré! Vous venez d’assister à la crucifixion de Dieu. Vous avez été un spectateur de sa flagellation et vous l’avez vu affublé d’une couronne d’épines. Vous l’avez vu porter la croix jusqu’au Calvaire. Jésus a été crucifié sous vos yeux, et sous vos yeux il est mort. Vous étiez présent lorsque le corps de Jésus a été descendu de la croix. Vous observiez lorsque son corps a été mis au tombeau, et que le tombeau a été scellé.

Vous cherchez confusément un sens à tout cela. « Comment mon roi, comment le roi peut-il mourir? »

Le matin suivant, toujours accablé par la détresse, vous entendez Marie Madeleine, affolée, revenir du tombeau de Jésus trouvé vide. Vous laissez tout tomber pour suivre Pierre jusqu’au tombeau, vous arrivez même le premier, mais vous attendez Pierre pour qu’il entre d’abord et qu’il décide de la suite des choses.

Pierre pénètre dans le tombeau, et vous après lui. Vous tremblez, vous êtes écrasé par le chagrin et porté par une agitation nerveuse extrême. Mais vous n’avez pas aussitôt mis les pieds dans le tombeau que s’opère en vous une transformation totale. Vous éprouvez sur-le-champ un grand calme, vous goûtez la consolation et la paix, tout en étant rempli d’espoir, de joie et de réconfort.

À la vue du tombeau vide, vous croyez en Jésus, votre roi.

Imaginez ce qu’a pu vivre ce disciple bouleversé au plus haut point et qui, pourtant, dès qu’il a mis les pieds dans le tombeau, « voit et croit ». Bien qu’à cet instant précis, tel qu’il est consigné dans l’Évangile, les disciples n’aient pas encore fait la rencontre avec le Jésus de la Résurrection et de l’Ascension, c’est alors néanmoins l’heure précise de la transformation, le moment où Dieu aura vaincu la mort et apporté la victoire à toute l’humanité- nous offrant un accès à la transformation de notre être.

La grâce de Dieu qui renouvelle est offerte à vous comme à moi dès aujourd’hui, comme c’était le cas il y a 2 000 ans pour le disciple de Jésus. Dans cette extraordinaire Année de Miséricorde, une occasion en or nous est accordée. En effet, recevoir la miséricorde de Dieu créé l’opportunité d’obtenir encore davantage de Dieu.

Demander et accepter la miséricorde de Dieu est la clé de notre transformation intérieure. Nous devons en faire la demande à Dieu et nous ouvrir ainsi à la totalité de sa miséricorde. Alors je vous invite, sans tarder, à vous demander ce que vous voulez présenter à Dieu en vue de cette transformation de votre être.

Vous espérez un miracle à quel niveau de votre vie quotidienne?
La confusion affecte quels aspects de votre existence?
De quelle manière l’espérance et la joie font-elles le plus cruellement défaut dans votre vécu actuel?
Quelle est la nature du fardeau sous lequel vous ployez?

Je vous invite à vous approcher de la miséricorde de Dieu- franchissez le seuil de la porte du tombeau pour « voir et croire ». Accordez à Dieu toute la latitude pour changer votre vie. Abandonnez tout à Dieu- vos moindres pensées, gestes et désirs, ainsi que votre temps, vos ressources financières, luttes et fardeaux, votre remord aussi, votre honte et vos ambitions…tout. Dieu veut vous donner davantage d’Amour, plus d’amour que vous n’en avez jamais fait l’expérience auparavant. La rencontre et l’accueil de la miséricorde de Dieu sont la condition pour recevoir toujours plus de la part de Dieu.

 

Pause musicale et/ou moment de silence

 

  1. Prier le Dieu de Miséricorde

Acclamons Jésus Christ : Dieu l’a ressuscité, il nous ressuscitera avec lui.

R. Gloire à toi, Jésus, notre vie!

  • Christ, radieuse lumière qui brille dans nos ténèbres, tu as sanctifié pour toujours notre condition mortelle. R.
  • Seigneur, toi qui as marché sur la voie du calvaire, tu nous appelles à te suivre pour mourir et ressusciter avec toi. R.
  • Fils du Père, notre frère et notre maître, tu fais de nous un peuple de prêtres et de rois. R.
  • Roi de gloire, nous attendons le jour éclatant de ta manifestation : alors nous te verrons tel que tu es, et nous serons semblables à toi. R.

Notre Père

Prions le Seigneur :

Jésus, nous t’accordons une entière liberté pour accomplir ta volonté. Nous reconnaissons que tu es la source de tout amour en nous et que tu es le roi et le père aimant dans notre vie. Nous t’invitons à prendre place au cœur de notre existence. Jésus, notre désir est de te choisir avant tout, mais la peur nous rend hésitants; nous invitons ton amour à nous rejoindre même dans cette peur.

Esprit Saint viens nous transformer. Nous te donnons libre accès à toute partie de notre vie où une transformation intérieure s’impose (…Chacun fait sa requête à Dieu dans son cœur…). Nous confions à tes soins ces aspects de notre existence et nous nous approchons de toi, en franchissant le seuil de la porte de la miséricorde, la porte du tombeau vide. Daigne nous transformer, maintenant et à jamais. Amen.

 

  1. Chanter et bénir le Dieu miséricordieux

Hymne

Bénédiction

 

Crédits de photos

La Basilique de l’Annonciation à Nazareth: © Abraham Sobkowski/CTS
La Basilique de la Nativité : © Enrique Bermejo/CTS
La Basilique du Saint Sépulcre : © Marie-Armelle Beaulieu/CTS

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